Nos talents sont bien cachés…

L’être humain est bien fait : il ne peut s’empêcher d’être talentueux. Et ça tombe bien : ça sert à plein de trucs d’être un génie.

Pourtant, humains doués que nous sommes, nous ignorons souvent nos points forts. Pourquoi ?

Parce que nous sommes perfectionnistes.

Nos talents sont en lien avec les domaines qui comptent pour nous. Et dans ces domaines, ce sont évidemment les personnes très talentueuses qui nous inspirent.

Dès lors, nous nous comparons à ces virtuoses et en déduisons, à tort, que nous sommes nuls.

De plus, si au cours de notre histoire, quelqu’un a mis notre talent en doute, la croyance en notre nulllitude est encore plus ancrée, sans nuance aucune.

Prendre le temps d’observer toutes les personnes qui nous entourent, et non uniquement les champions, nous permet de prendre conscience de nos capacités hors normes dans le domaine choisi (l’exercice est jubilatoire, même l’égo adore…).

Quant aux (rares 😉) personnes dont le niveau est supérieur au nôtre dans tel domaine, voyons-les comme une source d’inspiration, plutôt que comme des démotivateurs.

Parce que nous les développons à l’insu de notre plein gré.

Lorsque quelque chose l’intéresse, l’être humain apprend sans cesse : par l’observation, le questionnement, la mémorisation, la comparaison, le mimétisme, les essais-erreurs, …

Comme il est dans une zone de plaisir, il ne doit pas faire d’effort pour apprendre. Il ne conscientise donc pas le fait qu’il se perfectionne encore et encore.

Et lorsqu’il utilise ce talent, c’est pareil : il fonctionne en mode automatique, avec facilité. Et il ne réalise pas à quel point il est doué.

Les autres le voient mais pas lui.

Et puis parfois, même les autres passent à côté parce que le travail bien fait est invisible.

Parce que nos talents voyagent par paires.

Comme dans beaucoup de couple, il y en a souvent un qui fait plus de bruit que l’autre.

Notre cerveau n’est pas seulement fan de perfection, il est aussi en recherche constante d’équilibre.

Par conséquent, s’il développe une capacité ying, il y a fort à parier qu’il va aussi développer la capacité yang pour ne pas basculer.

C’est un truc qui me fascine en coaching dans l’exploration des points forts : l’un des ingrédients essentiels d’une marque perso est souvent le couple formé par deux talents à priori paradoxaux.

Par exemple :

  • Capacité de connexion à plus grand que soi – esprit d’analyse hyper rationnel
  • Créativité débordante – perfectionnisme dans l’organisation
  • Opiniâtreté – ouverture d’esprit

Nous sommes généralement conscients d’un des deux talents mais nous en déduisons que nous ne pouvons pas avoir l’autre puisque ceux-ci nous semblent incompatibles.

Pourtant, notre cerveau gère avec brio nos petits et grands paradoxes.

Et s’il ne suffit pas de claquer des doigts pour découvrir nos zones de génie, l’exploration vaut le coup.

Voici cinq bonnes raisons D’APPRIVOISER ses talents

1. Savoir pourquoi nous nous levons le matin

Nous l’avons vu, nos talents sont directement liés à ce qui compte pour nous. Ils reflètent notre personnalité, nos moteurs, nos valeurs, etc.

Ils nous permettent de réaliser ce en quoi nous croyons et nous éclairent sur la contribution que nous voulons apporter.

Ils sont à la base de ce qui donne un sens à notre vie.

Personnellement, j’ai la conviction que le monde sera bien plus joli et tournera beaucoup mieux si chacun peut offrir ce qu’il a d’unique, plutôt que de s’écraser dans le moule.

J’adore explorer les nuances (surtout si elles sont subtiles) qui font la singularité d’un être humain, comprendre ce à quoi il aspire et comment il fonctionne.

Longtemps, j’ai cru que j’étais à côté de la plaque parce que je captais des trucs que les autres n’avaient pas vus. J’ai fini par intégrer que j’avais juste quelques longueurs d’avance sur la question.

Quand je peux aider quelqu’un à mieux se comprendre ou se connaitre, je me sens à ma place. Et ça, c’est pas rien ! 😊

2. Faire le plein d’audace

Une réflexion qui revient souvent lorsqu’il est question de réorientation de carrière ou d’activité est : je ne sais pas quoi faire d’autre.

Nous nous focalisons sur nos études, notre diplôme et notre expérience professionnelle.  Nous raisonnons en mode « CV ». Nous nous sentons alors coincés dans un domaine précis.

Nous avons conscience de nos compétences acquises dans notre secteur, mais pas de nos dons naturels, perfectionnés tout au long de notre vie.

Les découvrir ouvre le champ des possibles. Lorsque nous connaissons nos points forts, nous pouvons faire le plein d’audace pour nous lancer dans des domaines parfois très éloignés de notre zone de confort.

Et lorsque nous savons ce que nous voulons faire, il est extrêmement stimulant de lister les compétences requises puis de chercher dans nos expériences passées si nous en avons déjà fait usage.

Parler en public ? Certes, je ne suis pas conférencière mais j’ai plaidé durant des heures.

Ecrire ? Bah, non, je ne suis pas journaliste mais j’ai rédigé des kilomètres d’actes de procédure…

Donc, si je veux donner une conférence ou écrire un article, je ne pars pas de nulle part. Voilà qui donne confiance.

3. Rester debout, même dans la tempête

Oui, gagner sa vie en réalisant ses rêves est bien plus épanouissant que de stagner dans la confortable zone du métro-boulot-dodo.

Mais non, ce n’est pas une partie de plaisir tous les jours.

Il y a les périodes creuses, celles de doutes, de stress intense, de complications qui se cumulent… Celles où nous pourrions tout laisser tomber.

Pour faire face, nous avons tendance à vouloir corriger nos inclinations naturelles.

Mauvaise idée : stratégie énergivore et peu efficace. En effet, en situation déjà compliquée, nous tentons alors de régler un problème en usant de capacités que nous maitrisons mal.

Dans ces moments-là, sortir de son tiroir la liste de ses points forts et en tirer parti pour traverser la zone de turbulences est nettement plus agréable et constructif.

Evidemment, il est préférable que la liste des ressources ait été rédigée auparavant parce que, quand ça tangue, nous nous prenons rarement pour des génies.

4. Mettre notre énergie dans ce qui compte

Le travail sur les talents est l’un des antidotes au burn-out et ce n’est pas pour rien.

De l’école à l’entreprise, notre culture prône un modèle axé sur la compétition, l’effort et la souffrance. Elle nous incite à combler nos lacunes et vaincre nos défauts.

Plutôt que de miser sur nos dons, nous sommes contraints de nous faire violence et de nous adapter sans cesse. Cette adaptation continuelle génère un stress chronique, voie royale vers le burn-out.

A l’inverse, se consacrer à ce que nous faisons facilement et avec plaisir est le meilleur moyen de garder notre énergie. C’est aussi ce qui nous permet de performer dans la durée.

J’insiste sur le plaisir. Il est essentiel. Pouvoir faire les choses avec facilité ou expertise ne suffit pas. Nous avons acquis de nombreuses compétences dont nous pouvons user avec aisance. Cependant, si mobiliser ces compétences n’a rien d’agréable, cela signifie que nous sommes en mode adaptatif. Or, nous l’avons vu, rester dans l’adaptation de manière prolongée est destructeur.

Bref, si ça ne m’éclate pas, je ne le fais pas.  (Paroles du Sage)

5. Profiter de la vie

Ben oui… surtout…

Enjoy !