Mardi 21 avril 2020

Hello toi,

Comment tu vas en cette drôle de période ?

Chez moi, ça cogite ferme sur mon activité. J’ai plusieurs projets en tête, ça part dans tous les sens et j’adore ça.

Mais le marketing, j’en ai ma claque. Le mien comme celui des autres. Je viens de tester la communication intensive sur les réseaux sociaux et clairement, ce n’est pas pour moi.

Les algorithmes ont apprécié et m’ont récompensée mais moi, j’ai détesté ça.

Longtemps réservé aux professionnels du secteur qui l’apprenaient sur les bancs d’école, le marketing est aujourd’hui un produit de grande distribution.

Sur le web, je suis inondée de propositions en tous genres : créer une big audience, maîtriser les algorithmes, améliorer mon référencement, créer un tunnel de vente, convertir des prospects, vendre une formation en ligne, … Toutes me promettent que si j’applique à la lettre leurs conseils magiques, je vais attirer plein de clients et faire exploser mon chiffre d’affaires.

Chacun y va de son storytelling expliquant que cette méthode, dont il va nous révéler le secret, a changé sa vie et celle de ses clients.

Il y en a pour tous les goûts, des plus gentils aux plus crassouilles.

Soyons francs, c’est très tentant.

Parce que ça vient toucher une peur viscérale chez l’humain : celle du manque. C’est une angoisse fondamentale pour un entrepreneur que celle de ne pas avoir assez de clients. Elle est directement connectée à celle de manquer d’argent.

Mais se raconter que le marketing va permettre d’apaiser cette peur est un leurre.

Parce que :

  • Grand nombre d’abonnés ou de followers ne signifie pas grand nombre d’acheteurs.
  • Grand nombre d’acheteurs ne signifie pas rentabilité.
  • Rentabilité financière ne signifie pas vie épanouie.

Puis-je qualifier mon activité de rentable et considérer que ma vie est épanouissante si je dois passer des plombes à faire du bruit alors que je déteste ça ?

Que la technique annoncée tienne ou non ses promesses, la peur du manque ne sera jamais un problème réglé à coup de chiffres.

L’avidité sera sans fin : si j’ai 1.000 followers, j’en voudrai 10.000. Si j’ai 100.000€, j’en voudrai 250.000€. Aucun chiffre ne sera jamais suffisant pour me sécuriser.

Le sentiment de sécurité vient de l’intérieur : de l’estime de soi et de la confiance en soi. Nombre d’abonnés à ma newsletter et solde créditeur de mon compte en banque ne m’apporteront jamais cette solidité interne.

Comme tout le monde, je connais des personnes épanouies et riches ainsi que d’autres pauvres et malheureuses. Mais j’ai aussi rencontré des personnes nanties et très anxieuses et d’autres, paisibles, qui pourtant vivent avec des moyens modérés. Bref, le bonheur n’est pas dans le chiffre.

En outre, je crains que ce ne soit contre-productif.

La semaine dernière, j’ai reçu une newsletter d’une fille qui a inventé une chouette méthode dans le domaine du développement personnel.

Il y a quelques années, lorsque je l’ai découverte, j’ai été séduite instantanément.

Et au jour d’aujourd’hui, je reste convaincue qu’elle a créé un truc génial.

Mais ses actions marketing me saoulent de plus en plus. Pour tenter de me vendre son dernier bébé, elle m’a envoyé trois mails en mode teasing, puis une tartine interminable pour décrire tous les incroyables bénéfices que son offre allait m’apporter et combien ma vie était pourrie sans ça. A la lire, j’aurais été la reine des truffes si je passais à côté.

Cerise sur le gâteau, il fallait évidemment que je me décide hyper vite puisque l’offre n’était proposée que durant 24 heures et aux trente premières acheteuses.

Ca m’a gonflée costaud et je n’ai pas souscrit.

C’est con parce que le produit m’intéressait.

Seulement, j’ai détesté la manière dont j’ai été approchée. Je me suis sentie harcelée, baladée, manipulée, mise sous pression. C’était détestable.

Une petite voix me murmurait que si elle avait besoin d’en faire des caisses et de me coincer avec des techniques balourdes, c’est qu’elle ne trouvait pas son produit si génial que ça. Qu’elle était en manque de clients… pas qu’elle me proposait un produit susceptible de m’aider.

Pourtant, cette entrepreneuse n’a rien fait de bien méchant. Son approche était un classique du  lancement d’offre, recommandé par de nombreux spécialistes en marketing.

Avec les lead magnets, c’est pareil. Souvent, le besoin de récolter des adresses mail dépasse largement l’idée de sensibiliser le destinataire à l’expertise du prestataire.

Après avoir fourni son adresse, on se retrouve envahi de chaînes de mails pour nous pousser à l’achat, par une entreprise qui, en plus, se croit subtile dans son approche. Tu parles…

Je préfère les entreprises qui jouent le jeu honnêtement et qui annoncent que l’adresse récoltée servira à me fournir du contenu sympa et à me tenir informée des prochaines offres. Tout simplement.

Avec le recul, je constate que je leur suis bien plus fidèle et que j’achète plus volontiers leurs produits. Je me sens libre, je me sens bien, donc je reste. Et lorsqu’une offre rencontre un de mes besoins, j’y souscris. Sans qu’il y ait besoin de me ferrer avec un webinaire, une pré-formation gratuite, du teasing à deux balles ou autres manipulations.

Tu as essayé aussi. Tu sais combien la communication à tout va et la recherche de techniques pour trouver de nouveaux clients est chronophage et épuisante.

Surtout si ces techniques finissent par dégoûter l’audience qui, dès lors, s’en va,  obligeant l’entreprise  à trouver de nouveaux prospects… cercle vicieux.

Enfin, ce qui me pose problème c’est qu’in fine, la qualité de notre travail en pâtit. Parce que le temps consacré à faire du bruit, c’est du temps qui n’est pas consacré à s’occuper de ceux qui nous font confiance en leur fournissant un travail de qualité.

Alors j’en arrive à la conclusion que le marketing doit être approché avec prudence. Parce qu’il peut faire pire que mieux. Mû par la peur du manque, le risque est grand d’y foncer tête baissée. Or, ce n’est pas toujours une bonne idée.

Dans une entreprise, il doit être l’accessoire éventuel, jamais l’essentiel.

L’essentiel, c’est de partager notre vision, nous réaliser et faire du bon boulot pour nos clients, non ?

A bientôt 😊